Humanités dans le texte

Humanités dans le texte

Une plongée dans l'Antiquité grecque et latine : traduire et interpréter les textes des Anciens.

Emile Gayoso, Anca Dan

Notre but est de réaffirmer la place essentielle du texte et de la traduction, comme fondements de l’enseignement des langues et cultures de l’Antiquité, et de montrer, par un dialogue avec des spécialistes d’autres disciplines (littéraires et scientifiques), la façon dont les textes anciens peuvent nourrir les questionnements du présent. Cette série est réalisée avec le soutien de l’École Universitaire de Recherche Translitterae (https://www.translitterae.psl.eu/).

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Pline l'Ancien et les origines du monnayage à Rome

Dans la culture populaire, à l’école ou sur des sites institutionnels (comme celui du Fonds monétaire international) qui suivent les définitions des dictionnaires et des encyclopédies, on dit toujours que « l’argent fait tourner le monde », ou, en reprenant Cicéron, que « l’argent est le nerf de la guerre ». Cette légende de la monnaie, qui aurait remplacé le troc pour fluidifier les échanges, a néanmoins été contredite par les économistes du XXe siècle et par les historiens des économies antiques, qui ont prouvé que la monnaie apparaissait dans des systèmes économiques déjà structurés par des dettes, des formes de taxation et de redistribution, ainsi que par des échanges fondés sur des unités de compte. Pourquoi continuer alors à blâmer l’argent – qui n’est que mesure et moyen, comme l’a bien dit Aristote ? La raison tient à notre ancrage profond dans la culture classique et biblique, qui condamne l’avarice et, avec elle, le mauvais maître que peut être l’argent.
Ce podcast nous amène aux origines du monnayage romain, c’est-à-dire du plus grand système monétaire antique, à côté de celui de la Chine des Han. Pourquoi les Romains ont-ils attendu le III e siècle av. J.-C. et les Guerres puniques pour frapper monnaie ? Selon Pline l’Ancien, dont l’Histoire naturelle nous sert de guide, ce sont les préjugés moraux des Ancêtres qui auraient permis aux Romains de retarder la fabrication de ce mal nécessaire. La confrontation critique de ce texte avec les découvertes numismatiques et nos connaissances actuelles sur l’histoire économique nous permet de nuancer les propos de l’encyclopédiste
latin.

Invités :

  • Maxime CAMBRELING, professeur de lettres classiques, collège Albert Camus, Bayonne.
  • Vincent DROST, conservateur des bibliothèques, en charge des collections de monnaies romaines et celtiques au département des Monnaies, médailles et antiques de la BnF.
  • Henri ETCHETO, professeur agrégé d’histoire, collège Albert Camus, Bayonne.
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"Les Troyennes" d'Euripide [ép. 2/2]

Deuxième épisode de notre podcast consacré à la pièce d'Euripide "Les Troyennes", chef d’œuvre du tragédien athénien, que nous avions commencé à décrypter à l'aide du texte d'abord, de sa lecture et de son commentaire, et de la façon dont on pouvait l'utiliser auprès des élèves du secondaire également pour interroger la guerre, l'injustice, ou le sort réservé aux vaincus.
Dans ce deuxième volet, nous vous proposons les éclairages du droit, de la littérature et du théâtre, sur cette œuvre aux multiples facettes, et qui résonne douloureusement avec l'actualité internationale.

  • Anne Franco, professeur de lettres classiques au lycée Ledoux de Besançon (pour la séquence lycée) ;
  • Sylvie Pedroarena, professeur honoraire de lettres classiques (cité scolaire du Pré-Saint-Sauveur à Saint-Claude ;
  • Brigitte Planty, professeur de lettres classiques au collège Les Hautes Vignes de Seloncourt ;
  • Hélène Tourard, maître de conférences HDR en droit public à l’université de Bourgogne (laboratoire CREDIMI)
  • Elena Zimmermann, professeur de lettres classiques au collège Proudhon de Besançon (pour la séquence collège) ;
  • Sylvie David-Guignard, maître de conférences honoraire à l’université Marie et Louis Pasteur de Besançon (laboratoire ISTA)
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"Les Troyennes" d'Euripide [ép. 1/2]

Après quelques mois d'absence, Les Humanités dans le texte sont de retour et vous emmènent aujourd'hui au théâtre. Et pas dans n'importe quel théâtre, mais dans celui d'Euripide, l'un des grands tragédiens de l'Athènes du Ve siècle, auteur de plusieurs dizaines de tragédies, parmi lesquelles Médée, Andromaque, Hécube mais aussi, celle qui va nous occuper pendant les deux prochains épisodes, "Les Troyennes". Dans cette pièce, Euripide opère un double décentrement : il se place du côté des femmes, et qui plus est des femmes des vaincus.

Pour comprendre la portée du geste d'Euripide, nous allons plonger dans cette pièce dont nous lirons, traduirons et commenterons un extrait. Nous utiliserons pour cela les outils du grec ancien, du commentaire, du droit, de la littérature et même du théâtre et serons guidés par Sylvie David-Guignard, maître de conférences honoraire à l’université Marie et Louis Pasteur de Besançon et coordinatrice d'une équipe d'enseignantes composée de :

  • Anne Franco, professeur de lettres classiques au lycée Ledoux de Besançon (pour la séquence lycée) ;
  • Sylvie Pedroarena, professeur honoraire de lettres classiques (cité scolaire du Pré-Saint-Sauveur à Saint-Claude ;
  • Brigitte Planty, professeur de lettres classiques au collège Les Hautes Vignes de Seloncourt ;
  • Hélène Tourard, maître de conférences HDR en droit public à l’université de Bourgogne (laboratoire CREDIMI)
  • Elena Zimmermann, professeur de lettres classiques au collège Proudhon de Besançon (pour la séquence collège) ;
  • Sylvie David-Guignard, maître de conférences honoraire à l’université Marie et Louis Pasteur de Besançon (laboratoire ISTA)
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Les Pline et l'éruption du Vésuve de 79 ap. J.-C.

Il y a deux semaines, dans l'épisode de notre podcast consacré à l'ambre dans l'Empire romain, nous avions déjà rencontré Pline l'Ancien et son encyclopédie en 37 volumes, source incontournable pour qui cherche à comprendre comment était utilisée cette résine fossile dans l'Antiquité. Aujourd'hui, nous retrouvons Pline l'Ancien, mais cette fois sous la plume de son neveu, Pline Le Jeune, et dans des circonstances dramatiques. Nous sommes en 79 ap. J.-C. et le Vésuve est entré en éruption, alors même que Pline l'Ancien, amiral de la flotte de Misène, est partagé entre ses responsabilités militaires et sa curiosité scientifique.
Pline Le Jeune raconte les péripéties tragiques de son oncle dans la lettre 16 du livre VI de ses Epîtres.

Zélie Chevance, normalienne en 2e année au Département des Sciences de l'Antiquité, a réuni autour d'elle une équipe de spécialistes pour éclairer les aspects historiques, archéologiques mais aussi géophysiques de cette lettre. Pour en savoir plus, vous pouvez vous reportez au dossier Odysseum complémentaire de ce podcast : https://odysseum.eduscol.education.fr/la-lettre-vi-16-de-pline-le-jeune-perspectives-littraires-archologiques-et-volcanologiques

Invité·es :

Zélie Chevance : normalienne en 2e année au Département des sciences de l’Antiquité, École Normale Supérieure
Alix Barbet (CNRS, AOROC) : directrice de recherche honoraire en archéologie au CNRS, laboratoire AOROC, École Normale Supérieure
Hélène Dessales (ENS, AOROC) : maîtresse de conférences en archéologie, laboratoire AOROC, École Normale Supérieure
Julie Carlut (Institut de Physique du Globe de Paris) : enseignante-chercheuse en paléomagnétisme, Institut de Physique du Globe, Université Paris Cité.
Luca Terray (Université Clermont Auvergne) : ingénieur de recherche à l'Université Clermont Auvergne, Laboratoire de Physique de Clermont et au Laboratoire Magmas et Volcans.

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Proserpine et les violences faites aux femmes

Depuis 2017 et le mouvement #MeToo, nos chaînes d’information et nos réseaux sociaux se remplissent chaque jour de nouvelles révélations d'actes de violence sexuelle subis par des femmes, mais aussi des enfants et parfois des hommes, pendant les dernières décennies. La parole se libère et n’hésite pas à condamner, sans prescription. Dans le contexte de la cancel culture – culture de l’annulation, de réparation des injustices faites aux minorités, aux vaincus, aux femmes – ce mouvement conduit inévitablement à la révision de notre comportement, de notre vision sur la société et sur l’histoire. Il nous invite à repenser nos repères culturels : faut-il lire encore une littérature sur le viol ? Faut-il s’émerveiller encore devant les innombrables statues et peintures qui, dans nos musées, montrent les origines légendaires de nos civilisations – comme le viol du dieu Mars sur la vierge Rhéa Silvia, dont nous avons déjà parlé dans ce podcast ?
Que faire des Métamorphoses d’Ovide et des nombreuses jeunes femmes et jeunes hommes qui, pour échapper aux dieux, choisissent la mort ou la transformation en plantes, animaux, constellations ? Que faire de ce mythe de la vie et de la mort, que l’on voit illustrer sur les tombes, dans les temples et dans les maisons grecques et romaines, ce mythe qui donnait l’espérance du salut à tous ceux qui s’initiaient dans les mystères d’Eleusis et qui résonne dans toute la littérature antique, par les noms d’Hadès/Pluton, dieu souterrain de l’Enfer, et de Perséphone/Proserpine, fille de Déméter/Cérès, déesse de la végétation ? Faut-il condamner, avec les violences sexuelles, tout un pan de la culture européenne qui a expliqué le miracle de la renaissance printanière de la nature par le retour sur terre de Perséphone/Proserpine, graine devenue jeune pousse ?

Pour parler de ces questions passionnantes et douloureuses, nous accueillons aujourd'hui trois invité·es : Benjamin Demassieux, Néphéli Papakonstantinou et Alix Barbet.

Invité·es :
Benjamin Demassieux : Professeur agrégé de Lettres classiques dans l’Académie de Lille, doctorant à l’Université de Lille, rattaché au laboratoire HALMA - UMR 8164 - Histoire, Archéologie et Littérature des Mondes anciens. Sa thèse porte sur la poétique du rapt dans la poésie gréco-latine tardive (IVe-VIe siècle).
Néphéli Papakonstantinou : docteure en études latines, spécialiste de droit romain, auteure d'une thèse consacrée à la "Pratique déclamatoire et enjeux juridiques dans les Déclamations mineures du Pseudo-Quintilien : la codification du crimen raptus".
Alix Barbet: archéologue, directrice de recherche honoraire au CNRS à l’ENS, éminente spécialiste de peinture romaine et auteure de la base de données "Décors antiques" qui compile des photographies de peintures murales et de décors romains depuis 1963 : https://archeo.ens.fr/Decors-antiques.html

Animation, réalisation et publication : Emile Gayoso.
Responsable scientifique : Anca Dan.