Pendant son premier mandat de président, Emmanuel Macron est passé de l’adepte du modèle de « président jupitérien », qui incarnait la verticalité du pouvoir, à une auto-identification à « Vulcain à la forge ». On dit du président ukrainien, Volodymyr Zelensky qu’il utiliserait à bon escient l’image du Titan Prométhée, qui se sacrifie pour l’intérêt commun, ou encore la figure biblique de David, qui a affronté Goliath, pour construire son autorité en temps de guerre. Si ces comparaisons peuvent acquérir une valeur négative en France, c’est en raison de la longue histoire de la royauté française, qui a fait d’Hercule, le héros vainqueur du chaos, le modèle par excellence des rois, de François Ier à Louis XIV. Le quatrain composé pour l’entrée triomphale d’Henri IV à Rouen en 1596, reste célèbre : « Hercule & Henry sont semblables / En vertus, en dits, & en faits / Sinon qu’Hercule est dans les fables / Et Henry dedans les effets. »
Ce podcast met en lumière les origines romaines de cette comparaison. On y lit un passage d’un « discours de fête » (panégyrique) rédigé par un certain Mamertin, qui rend hommage à l’empereur romain Maximien-Hercule lors de l’anniversaire de Rome, le 21 avril 289, à Trèves. La comparaison entre le texte du rhéteur et les images figurant sur les monnaies frappées par l’empereur lui-même nous permet de mieux comprendre le processus d’héroïsation au sein d’un culte du pouvoir.
Invités :
- Maxime CAMBRELING, professeur de lettres classiques, collège Albert Camus, Bayonne
- Laurent PERNOT, professeur émérite de langue et littérature grecques à l'Université de Strasbourg, membre de l’Institut
- Vincent DROST, conservateur des bibliothèques, en charge des collections de monnaies romaines et celtiques au département des Monnaies, médailles et antiques de la BnF
- Adrien BRESSON, docteur en langue et littérature latines, HiSoMA
- Xabi VERGARA, professeur d’histoire, Collège Edmond de Goncourt, Pulnoy.






